CHRONIQUES

© Martine Lavallée B.A.A. et Technicienne en santé animale

Animaux, cadeaux
et temps des Fêtes

Qui n’a pas vécu la pression du temps des Fêtes où l’on veut que tout soit parfait? La surveillance de nos compagnons à quatre pattes qui deviennent anxieux et fébriles avec toutes les activités, des repas à préparer pour les convives, des cadeaux à acheter souvent à la dernière minute, des situations qui, malheureusement, nous pressent et qui nous amènent à manquer de recul et à faire des achats compulsifs. 

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Adopter ou acheter un animal est un engagement à long-terme

Un achat compulsif tel que l’acquisition d’un chandail qui n'est pas apprécié par la personne qui le reçoit en cadeau, ça peut s’arranger. Par contre, un animal que l’on donne en cadeau a des conséquences majeures. Celui-ci n’est pas un objet de consommation que l’on peut facilement se débarrasser. Adopter un animal peut être un moment de joie pour toute la famille, mais c'est une décision importante qui doit être dûment réfléchie avant d'être effectuée. J’ajouterais qu’offrir un animal à Noël à une personne qui ne s'y attend pas, qui n'est pas prête pour une aussi grande responsabilité et qui ne veut pas d'un animal de compagnie, a donc de sérieuses conséquences. 

On ne le répétera donc jamais assez, un animal de compagnie est une responsabilité à vie ! Passé la surprise de trouver un chiot ou un chaton décoré d'un ruban sous le sapin de Noël, la réalité frappe. De plus, un jeune chien ou chat vivra 15 ans ou plus et représente un coût important pour son propriétaire. En plus du temps et de l'organisation qu'il faut pour s'en occuper, la nourriture, les frais de vétérinaire et autres coûts peuvent se révéler être une mauvaise surprise pour l’acquéreur du cadeau qui ne s'y attend pas. Selon Marie-Christine Daignault (chef de contenu, Coopmoi, Mouvement Desjardins) le coût à vie d'un animal de compagnie se situe entre 40 000$ et 55 000$ CN.

S’ajoute à ces futures dépenses, le mauvais «timing» du temps des Fêtes. En effet, la préparation des repas, les réunions de famille et les voyages par-ci par-là pour rendre visite à des proches, rendent l’introduction d’un jeune compagnon durant cette période un moment défavorable. De plus, le brouhaha, les excès de nourriture et la présence de beaucoup de personnes peuvent rendre l'acclimatation ainsi que l’éducation d'un animal dans son nouveau foyer, encore plus difficile. Par ailleurs, les enfants ne peuvent pas être des propriétaires responsables et dès que l'excitation du nouveau «jouet» disparaît, ce sont les parents qui doivent se charger de l'éducation, du nettoyage et des promenades, et autres responsabilités liées aux animaux de compagnie.

Notons, qu’à tous les ans, environ un mois après les Fêtes, les refuges croulent sous les retours de «cadeaux» achetés sur un coup de tête. Ces cadeaux mettent donc les refuges en état de crise où ils peinent à s'occuper de tous les pensionnaires qui ont besoin de soins, de promenades et d'attention. Faute de place et de ressources, certains refuges deviennent si pleins qu'ils n'ont d'autres choix que d’euthanasier les animaux en trop… C’est une triste réalité pour ces animaux qui finiront leur courte vie dans une cage parce qu'ils ont eu la malchance d'être donnés comme cadeaux non voulus. Et que dire de l’équipe vétérinaire qui doit procéder à leur euthanasie.

D’autres peuvent finir à la rue car malheureusement certains propriétaires ne prennent pas la peine d’apporter les animaux dont ils ne veulent pas au refuge. Ces animaux sont abandonnés dans la rue, dans des parcs ou d'autres lieux et ils doivent faire face à divers dangers : la faim, le froid, les maladies, les attaques par d'autres animaux ou le risque d’accident de voiture.

Animaux, boustifailles et décorations,
quel casse-tête !

Durant le temps des fêtes, un Canadien sur quatre se retrouve dans l’obligation d’amener d’urgence son animal de compagnie chez le vétérinaire. Afin d’éviter que cette période de réjouissances ne tourne à la catastrophe et pour prévenir des consultations d’urgence chez notre vétérinaire.

Alcool : L’alcool est une substance dangereuse pour les animaux de compagnie gardez donc les boissons et les bouteilles hors de portée en tout temps. Les signes d’intoxication sont : vomissements, démarche vacillante, dépression et/ou baisse de température corporelle. Si l’ingestion d’alcool est soupçonnée, amenez immédiatement votre animal chez un vétérinaire.

Chocolat : Le chocolat au lait est beaucoup moins dangereux que le chocolat noir pour les animaux. C’est le taux de théobromine qui rend le chocolat plus ou moins toxique. Les signes sont: soif, vomissements, agitation et tremblements, mais parfois aussi faiblesse et abattement. Dans les cas graves, on peut noter des troubles cardiaques.

Oignons et ails : sont toxiques pour nos petits animaux. Soyons vigilants.

Os de volaille : Les os de volaille pointus comme les os de dinde peuvent se fracturer et se loger dans la gorge ou plus loin dans le tube digestif. N’en donnons jamais à nos chiens et chats.

Restants de table : Nos animaux de compagnie sont de vrais Houdini! Ils sont sur nos comptoirs, nos tables et poubelles aussitôt que nous avons le dos tourné. On doit donc  garder hors de portée nos restants de table et poubelles de nos animaux de compagnie le plus rapidement possible.

Xylitol : Le xylitol est un édulcorant artificiel trouvé notamment dans la gomme à mâcher, les confiseries, les produits de boulangerie et de pâtisserie des supermarchés qui peut causer une maladie du foie ou même une insuffisance hépatique.

Plantes des fêtes dangeureuses

Sapin de noël artificiel ou pas : Avec ses aiguilles, ses boules et ses petites décorations qui peuvent être avalées, les sapins de Noël sont particulièrement dangereux pour nos chats. Les guirlandes brillantes sont très attrayantes pour nos animaux de compagnie, mais elles peuvent causer des blocages dans les intestins. Aussi, les cordons électriques des lumières de Noël peuvent causer un choc, brûler ou électrocuter un animal de compagnie s’il les mord. L’eau du sapin de Noël naturel peut aussi être nocive si elle est bue par quiconque.

Gui : Plus rare ici dans les célébrations au Québec, le gui crée une irritation aigüe du tube digestif quand il est mangé. Aussi le corps entier de l’animal est affecté : diminution de la fréquence cardiaque, baisse de la température, difficultés respiratoires, déséquilibre, soif excessive et quelquefois crises d’épilepsie, coma et mort.

Houx : L’absorption de cette plante cause communément des signes tels que des troubles digestifs et de dépression du système nerveux. Cette plante possède les mêmes composantes toxiques que le chocolat (caféine, théobromine).

Poinsettia : Toute la plante est toxique. Son ingestion produit souvent des troubles digestifs de légers à modérés : salivation excessive, vomissements et diarrhée. Si nous suspectons que notre animal a mâchouillé ou mangé quelque chose d’inhabituel il est préférable d’appeler immédiatement notre vétérinaire qui nous expliquera quoi faire. 

Conclusion

Pour rendre notre temps des Fêtes mémorables, évitons d'adopter, de donner un animal durant cette période. Aussi, assurons-nous que les décorations, les emballages et les aliments dangereux ne sont pas à la portée de la gueule de nos animaux de compagnie. Faisons aussi en sorte que cette période magique soit le moins stressante possible pour nous et nos animaux de compagnie.

Sources:  www.huffingtonpost.fr   /   www.cliniqueveterinairedegranby.com   /   www.daubigny.ca   /   www.veterinairesaucanada.net